Gruet nous joue un nouveau tour. Mais cette fois, c'est un tour de France, rien de moins. Les géants de la route sont dans la montée de l'aubisque, ou dans un contre la montre. Roue dans roue, sans roue parfois, perdus en peloton dans la nature, suspendus avec les vélos dans la voiture-balai. Gruet, l'imagination en délire, a croqué les coureurs dans les situations les plus invraisemblablles. Le guidon en folie.
Mais l'ami Gruet aime les coureurs, et sa caricature n'est pas malveillante. On sent la tendresse sous le coup de patte. " Il a dû être bien malheureux, le petit garçon qui n'a pas rêvé un jour de gagner le tour de France ", notait Jacques Grello. Gruet a placé la formule en exergue de son album, et l'on devine qu'il est toujours plus ou moins ce petit garçon.
Les dessins se passent pour la plupart de légende, ils parlent tout seuls. On rit beaucoup. l'humour est vif, surprenant, et si le trait est précis, le regard de Gruet atteint vite les sommets, non de l'Aubisque, mais du surréalisme. Un régal.

B. Boutin